L’ANIMAL EN REFUGE / Moi Ouran...

Je m’appelle Ouran. Et je ne dois la vie qu’à quelques personnes qui ont cru en moi…Voici mon histoire……….

Je suis arrivé bébé dans un refuge. Né d’une portée de chiots qui n’ont pas tous pu être placés. A 4 mois, on a tout pour nous et on s’intéresse à tout. Mais j’étais enfermé. Sans famille. Et puis, j’ai grandi. Il faut dire que je suis un croisé beauceron alors, je comprends que les gens aient pu être impressionnés par ma taille. A l’âge d’un an, mon destin a basculé. La descente aux Enfers n’est rien à côté de ce que j’ai subi. Un homme m’a adopté. J’y croyais, au bonheur. Mais quelques mois ont suffi à faire de moi un autre chien. Un véritable cerbère. Vous savez ? C’est ce chien à 3 têtes, gardien des Enfers dans la mythologie…Un jour, l’homme m’a ramené, furieux, au refuge. Il ne voulait plus de moi, « ce sale cabot », comme il disait. Cet être humain m’a anéanti et a bien failli me faire passer à la piqûre mortelle…Battu, dressé à l’attaque pour assouvir un « plaisir » de l’homme, comment pouvais-je réagir autrement que par la révolte ? Ne connaissant que la maltraitance, et me retrouvant dans un minuscule box obscur, je me suis mis à faire peur à tout le monde, et suis devenu agressif. Enfin, moi, je ne savais plus quoi penser, comment me comporter. Alors, je suis devenu la bête noire, celle dont on a peur et qu’on délaisse, faute de prendre le temps de me comprendre. Mais j’ai eu la chance de rencontrer 3 femmes formidables. Des bénévoles qui venaient toutes les semaines pour promener les 60 chiens qui n’attendaient qu’elles pour sortir un peu de leur prison, de notre prison. Et moi, elles ne m’ont pas jugé. Bon, c’est vrai que c’est plutôt moi qui les baladais ! Avec ma force, les frêles dames avaient bien d’la peine à me retenir…Mais elles n’ont jamais manqué de s’occuper de moi. Mais je n’étais pas sorti d’affaire pour autant. Après 4 ans d’enfermement, le refuge a pris une décision…Car, comme vous le savez peut-être, certains refuges pratiquent encore l’euthanasie. Faute de temps et de moyens, les animaux dits « méchants » sont jugés inadoptables. J’étais, moi, sur la liste. Mes trois amies dévouées n’ont pas laissé faire ça, alors que tout le monde était contre moi, car ils pensaient que j’étais dangereux. Finalement, elles m’ont adopté, me sauvant ainsi de la mort, mais juste le temps pour elles de me trouver une pension provisoire, et surtout, une nouvelle famille. Il leur a fallu beaucoup de courage, car mon éducation était à refaire. Je devais apprendre les règles de bonne conduite. Pendant les 5 mois de pension, les éducateurs qui se sont occupés de moi ont bien vu que je faisais des progrès mais, je ne sais pas pourquoi, voulaient eux aussi me faire euthanasier. Ils disaient, je crois, qu’on ne pouvait pas me faire confiance. Une fois de plus, mes sauveuses se sont révolté contre ce principe, car elles ne m’avaient pas sorti de la mort pour décider le contraire quelques mois plus tard. Elles ont lu dans mon regard que j’étais un bon chien. Elles m’aimaient, et moi, je n’ai jamais montré d’agressivité à leur égard. Elles me protégeaient. Je voyais en elles un espoir de croire à nouveau en l’être humain. Et puis, elles ont raconté mon histoire sur un forum internet. Et c’est comme ça que j’ai rencontré ma « maman ». Oui, je l’appelle comme ça parce- qu’elle m’apporte tout ce qui m’a manqué. De l’amour, un foyer douillet, de la liberté, et une éducation qui m’a enfin permis de savoir quelle était ma place au sein de la « meute ». Et puis, elle m’a tout appris. Elle…….. 

 

« Ouran Ouran, ça va ça va…Tu veux bien me rendre la parole, mon loulou ? Je voudrais juste ajouter un petit mot. Lorsqu’Ouran est arrivé à la maison, j’ai été choquée de voir à quel point ce chien avait été privé de tout. Ce qui me laisse déduire qu’il avait dû être constamment enfermé pendant ces mois de sa première adoption dans un réduit de béton, sans autre bruit que celui du silence. Car il ne savait pas ce qu’était l’herbe, les autres espèces animales, il était terrorisé devant la télé ou en passant devant un feu de cheminée…Aujourd’hui, son panel de sensations s’est largement développé !!! Ouran est réellement un très bon chien, avec un bon fond, et une grande dévotion, et a montré des capacités d’apprentissage et d’adaptation extraordinaires. Bien sûr, il a fallu que je m’arme de beaucoup de patience et lui prodigue beaucoup d’amour pour qu’il retrouve la paix. Et, malgré toute la souffrance qu’il endurée, il croit toujours en l’homme…

Ecoutez votre cœur lorsque vous croisez le regard d’un animal en refuge ! Car même à moi, les salariés du refuge dans lequel j’ai adopté Ouran m’avaient dit, sans scrupule, qu’il fallait que je sois sûre de vouloir l’adopter, et que de toute manière, il faudrait toujours que je me méfie de lui. Pourtant, je me suis fiée à mon instinct, et je ne le regrette pas. Malheureusement, les personnes qui souhaitent adopter un animal en refuge se laissent influencer par les « on dit », et ne donnent pas la chance à ces chiens et ces chats qui méritent eux aussi de vivre heureux. Il faut être conscient qu’adopter un animal adulte dans un refuge est toujours un acte de générosité, mais qu’il faudra certainement derrière assumer les conséquences du traumatisme qu’aura vécu l’animal.

Parce- qu’adoption rime trop souvent avec appréhension ………………..